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Chevalier - film 2023

Né en 1745 dans les Caraïbes françaises, De Saint-Georges était le fils illégitime d'une esclave africaine et d'un propriétaire de plantation français. Il a atteint les sommets dans la société française, éblouissant à la fois comme violoniste et compositeur, et comme champion d'escrime. Une histoire d'amour malheureuse avec une noble française et une brouille avec Marie-Antoinette et sa cour ont conduit à sa chute prématurée.

Chevalier - film 2023
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Encore une drôle d’idée de la part de l’ogre Hollywood. L’histoire de cet esclave mélomane (violoniste et compositeur) et escrimeur titré chevalier sous la monarchie française conservatrice méritait tout à fait d’être racontée, c’est à n’en pas douter. Mais quand ce sont les américains qui s’y collent avec leur façon de voir la France et l’Histoire de France, ça relève plus du fantasme que de la véracité historique. Lorsqu’on prend note des libertés prises avec la réalité et l’histoire de ce Chevalier de Saint-Georges, on pourrait crier à l’imposture et au manque de respect total. Car, en effet, ce « Chevalier » prend juste les grandes lignes de la biographie de cet homme de couleur - au parcours incroyable pour l’époque - pour tisser un scénario aux intrigues inventées de toutes pièces. Ou alors supposées quand on constate les trous béants du script à son sujet et le manque de documentation et d’information sur certaines périodes et certains faits. Les plus tolérants laisseront faire et se délecteront de ce qui s’apparente plus à une fiction qu’un biopic, les autres rongeront leur frein. Quant au fait de faire un tel film en langue anglaise... Ce n’est pas nouveau mais toujours aussi ridicule et déplaisant; on pourrait même dire qu’il vaut mieux le voir en doublage français...! Les auteurs derrière le script de ce « Chevalier » se laissent donc aller : inventer un concours pour la direction de l’Opéra de Paris, une forte amitié avec Marie-Antoinette ou encore des échanges avec les plus hautes instances de l’époque des Lumières est culotté. Cependant, fondu dans ce qui s’assimile presque à roman à l’eau de rose qui lorgne fortement vers la série Netflix « Les chroniques de Bridgerton », cela peut passer. Donc oui, c’est totalement superficiel et ridiculement anachronique parfois mais le kitsch et le toc sont évités de justesse. Si on peut louer les magnifiques efforts faits sur les décors et les costumes lors des prises de vue en intérieur, il n’en est pas de même pour les extérieurs ou les incrustations numériques sont moches, visibles et ratées. Il y a aussi quelques incohérences et fautes de goût. Tout cela ne rend clairement pas honneur à l’histoire de cet homme qui aurait pu être passionnante si elle avait été traitée de manière plus rigoureuse. A l’instar des questions raciales, féministes et libertaires qui résonnent avec l’actualité mais sont traitées bien trop sommairement. Il n’empêche, ce « Chevalier » est loin d’être déplaisant, bien au contraire. Si l’on est d’humeur on peut s’amuser de tout ce déballage frivole qui prend ce personnage ayant existé comme prétexte. Le film est très rythmé et ne permet pas l’ennui, les images sont belles et certaines séquences musicales sont très réussies (le final est d’un romanesque suranné de toute beauté). Pareillement, les joutes verbales sont parfois très satisfaisantes comme lorsque le Chevalier règle ses comptes avec Marie-Antoinette, le compositeur Gluck et une courtisane jalouse. L’emballage est opulent et agréable et il y a un souffle romanesque indéniable qui parcourt tout le film. On peut donc se contenter de cela et ne pas pinailler sur le vision hollywoodienne et woke de la chose pour prendre plaisir devant ces intrigues qui piochent aussi bien dans le politique, le romantique, le drame et parfois même la comédie. Totalement futile mais plutôt sympathique si l’on est d’humeur et client. Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.